Non merci !

(Pour écrire ces quelques vers je me suis inspiré du rythme de la tirade
de Cyrano de Bergerac Acte II, Scène VIII)

Une autre personne :

Si tu laissais un peu ton âme suréther ?
Chercher la paix, l'amour...

Moi :nonmerci liane

Et que faudrait-il faire ?
Regarder sa vie sans y laisser une trace,
Et attendre au loin que les souvenirs s'effacent ?
Paraître devant les gens, comme tous ils le font,
Avec de faux sourires, des airs de bouffons,
Déverser son bonheur tapis de zenitude,
Et le soir venu pleurer bas sa solitude ?
Non merci ! Dire Adieu au regard de chinon,
Puis fermer les yeux du maitre, espérant son nom.
Jouir de vains diplômes par fierté de cul-terreux ?
Se gaver d'illusions sur les bancs poussiéreux
Pour de vagues fortunes dans lesquelles on se prélasse
Et pourtant dans les rues, marcher la tête basse ?
Non merci ! Se pousser dans des salles obscures !
Médire, défier, se battre... et dans la démesure
Se hisser, toujours plus haut, pour chuter si bas.
Préférer l'avoir que l'être. Défier l'au-delà ?
Non merci ! Prêcher au monde tous ses caprices ?
Sombrer dans la démence moralisatrice
Par trop de certitude au galant suranné ?
Se satisfaire de peu faute d'avoir osé ?
Non merci ! Avoir peur de tout comme du rien,
Ne se découvrir aucun talent homérien.
Se moquer toujours, rire de la poésie,
Mais dans le cœur en avoir l'envie ! Non merci !
Ne pas reconnaître ses mauvaises intentions
Alors qu'hier encore circonvenir un pion ?
Prendre au hasard de tristes amantes effrénées,
Cependant que s'inquiète la dame esseulée ?
S'endormir, rêver toute une vie ? Non merci !
A l'écart de Soi n'avoir aucun ressenti,
Voir une larme dans l'œil au soir de sa vie ?
Non merci, non merci, non.... merci ! Mais... aimer,
Rêver, tendre un sourire ou écrire un sonnet.
Ne pas mettre de voile, se révéler ainsi !
Monter dans les étoiles, sentir leur symphonie...
Etre libre, effleurer une main et oser
D'un regard sage un peu plus loin s'aventurer.
S'unir à elle, le regard tendre, le corps qui vibre,
Et dans un souffle divin naitre en équilibre !
Balayer, comme il vous plait, le champ des possibles,
Puis pour un rien, simplement, tenter l'impossible
Le cœur léger, guidé sur chacun de ses pas.
Se dire qu'il y a une vie avant son trépas !
Parfois se battre, seul, vis-à-vis de Soi-même
Et sans arme, finir par se dire que l'on s'aime.
Contempler, rire et s'émerveiller de ce monde,
Ressentir, le temps d'une pensée vagabonde,
La Paix s'installer dans le creux de chaque instant.
Enfin, cueillir les roses ici et maintenant,
Lors même qu'on n'est ni de feu, ni de glace
Se dire l'œil heureux, "Tiens la voilà... ma place !"

 nonmerci orion

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Commentaires  

# godbert 05-07-2014 21:16
quelle sagesse....pour tant ,rarement ,mais parfois le paraitre se justifie.
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# J-Luc 06-07-2014 11:15
On peut justifier de Tout... l'important c'est l'équilibre que l'on trouve et l'affect qu'on y consacre ;-)
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